À la loupe…

L’observation de soi

Ce n’est pas toujours si simple… Et ces temps j’y suis assez fortement confronté.

L’idée de pouvoir nous rendre compte par nous-même de qui nous sommes et de ce que nous faisons devrait sembler facile ou du moins, habituel. L’un n’empêchant pas l’autre, mais l’autre n’automatisant pas l’un non plus… Bref ! 
S’observer soi-même pour nous permettre de nous situer dans nos propres valeurs et actions mais aussi par « soucis » d’évolution, est une clé fondamentale qui est active et à la base même de notre apprentissage en général. On pense, on agit et on observe les réactions et on recommence. Ainsi, il devient possible d’ajuster ce qui est nécessaire de l’être. Et même si l’on devrait être capable de le faire soi-même, parfois c’est par le regard de l’autre que le chemin peut se faire… Dixit Paul Ricoeur.

Et oui, car dans un sens, nos actions sont fortement conditionnées par notre propre manière de voir le monde, par notre propre construction intérieure. Et si celle-ci se bâtit autour de blessures, de traumas, de certitudes, de doutes, ou autres souhaits d’images à conquérir… Alors le verdict personnel peut s’en retrouver complètement faussé. L’autre, extérieur et de construction différente offrira alors une vision comparative (et peut-être même dans les 2 sens) et instructive. Mais attention aussi ! Car l’autre est dans le même cas… Et sa vision des choses pourra mettre en lumière certains schémas, mais qui nous dit qu’ils sont « plus » justes ? De quoi dépend la vision de l’autre également ? Y a-t-il des « équipes » de visions ? Ou du moins, des manière semblables qui nous rassurent, ou au contraire des différentes qui nous confrontent ? Comment y voir plus clair ?

C’est intéressant d’ailleurs d’entendre les adages « qui se ressemble, s’assemble » et au contraire « les opposés s’attirent »… Alors, au-delà de les sortir à la moindre occasion devant quelqu’un pour tenter de trouver une issue rassurante aux soucis dont il nous fait part, on peut se dire que dans la ressemblance, on va trouver quelque chose de rassurant, de connu, et certainement aussi plus de sécurité… Alors que l’opposition attirera nos attention et curiosité, va nourrir le nouveau, l’inconnu et pourra alors offrir une possible évolution, bien plus accessible que dans les sécures routine et habitude. On va vouloir frôler avec la découverte et la surprise !

Revenons à notre correspondance entre intention et actions.
On parle donc d’une forme de cohérence qui va dépendre de multiples paramètres, et ce, dans les 2 camps. Autant celui qui regarde que celui qui est regardé…

Ces temps, la question me ronge l’estomac (au propre comme au figuré)… Car, malgré des références fortes, des convictions intérieures importantes à incarner des valeurs, beaucoup de choses me sont cachées à moi-même. Et le débat intérieur recommence de plus belle ! Entre le souci de faire correspondre l’acte à l’intention (et vis-versa), et le fatalisme de juste « faire », qui n’enlèvera certainement pas l’incohérence existante, mais nous reliera certainement plus rapidement à une forme de réalité brute, c’est comme un jeu de balançoire qui parfois donne des vertiges !

Re-bref ! 

Mes questions ici (je vous épargne les détails du quotidien) se portent sur comprendre une forme de mécanique qui pourrait peut-être calmer le jeu des jugements et des réactions que je peux ressentir (sur moi-même qui suis en « faute »), mélangé d’indignation face à l’évidence d’une incohérence, et de calme face au fatalisme de la chose et le fait que nous sommes finalement très certainement tous logés à la même enseigne. Car pour être franc, même si je peux voir des sources inspirantes, je n’ai aucun exemple de vie qui ne mérite pas un travail, un retour, un ajustement, une correction quelconque… En gros, je cherche un peu de sérénité dans l’assurance de ma sincère volonté à grandir.

J’entends encore les voix des « new-âges » tenter de refuser un effort de prise de conscience (paradoxalement à leurs cahiers des charges) par des « tu es parfait comme tu es », « si les autres ne t’acceptes pas, ce sont des gens toxiques… » Essayant coûte que coûte de se sortir indemne d’une dissonance métaphysique.

Et d’un autre côté, certains « philosophes » qui prônent un travail sur soi sans nécessairement le faire (mais en parler, il y a du monde !), s’asseyant sur le mode d’emploi de l’humain offert par les plus sages d’entre nous, pensant qu’ils sont déjà l’élite de l’humanité après avoir lu un livre de Platon… 

Dans une autre direction encore, ceux qui s’acharnent sur un travail jusqu’à déprimer du résultat (tiens, ça me rappelle quelqu’un ça), ou ceux qui, au contraire, s’en tapent le coquillard jusqu’à ne plus pouvoir s’assoir…

Alors même si on peut tirer du vrai dans toutes les tirades quelles qu’en soient leurs origines, si celles-ci sont contextualisées et dosées de manière intelligente, il n’en reste pas moins que ce qui est étrange reste notre faculté d’auto-conviction extrême de faire chemin juste même s’il y a des couacs sur la route !

Peut-être faudrait-il être plus mesuré ? Et admettre que nous ne sommes même pas aux aubes de cette cohérence tant adulée ? Alors que, même avec des références claires, des idées profondes et Vraies, combien sont les philosophes qui se sont chamaillés entre eux ? Combien sont encore « attaqués » d’incohérence fondamentale ? Combien ont pu voir leurs idées démontées par d’autres, et ces mêmes autres démontés à leur tour ?

Il semble qu’une forme de Vérité ne réside alors pas qu’en une seule personne ou vision des choses (et même en science, on sait qu’une vérité pourra être mise à mal à l’avenir même si elle offre une base solide pour se hisser vers la suite), mais en une multitude de facettes qui, au lieu d’être comparée et châtiées les unes envers les autres, devraient se nourrir mutuellement pour s’enrichir… Encore faut-il oser affronter l’inconfort d’être touché dans ce qui constitue une part de notre identité : notre manière d’être et d’agir.

Et vous ? Qu’en est-il de votre observation ? Qu’en est-il de votre correspondance ? Qu’en est-il de vos certitudes ? Et si on y pensait ?