Quand je vibre… Haut! Lalala…
Suite d’une vidéo sur YT concernant le sujet « tu vibres déjà haut ! »
Bon, d’abord, je ne peux m’empêcher (entre un « oui je comprends bien » et un « WTF again ») de me demander : quel genre de personne se préoccuperait autant de son changement de fréquence vibratoire ? Qui aurait tant besoin de se réconforter dans sa fréquence qui augmente ? Ou devient plus haute ? Ou alors, qui aussi peut finalement se demander « tiens, et si en fait – ressentant certains de ces signes – alors moi aussi, je vibrais moi aussi déjà haut ? Wouah !! » Et par conséquent, pourrait se féliciter d’une telle découverte se reconnaissant forcément dans ce pseudo-descriptif barnumien… Allant même peut-être par la suite, jusqu’à créer son propre cabinet d’éveil de la conscience ou de « channeling » des énergies universelles ou autres Êtres ascensionnés…
J’exagère un peu le trait, me direz-vous… Ce qui reste sûr, c’est que des personnes en mal de bien-être intérieur et en quête de légende personnelle hors norme chercheront alors validation de ce genre de signes physiologiques, émotionnels et mentaux, afin certainement de se convaincre ou de se rassurer que leur vibration a bien changé…
Mais… Pour quelles raisons ? Pourquoi cherchons-nous tellement à ce que notre fréquence s’élève ? Et pourquoi cherchons-nous à valider cette théorie de cette manière ?
Il n’est vraiment pas rare de lire de la part de certains (vrais) maîtres de sagesse, qu’en effet, selon le travail effectué sur soi-même, notre fréquence puisse changer. Mais pour eux, il est plus que certain que la cible primaire n’est pas la validation qu’une fréquence change ! Il semble qu’ils soient simplement conscients de cette forme de nécessité que la vie nous propose, à naturellement évoluer d’un point A vers un point B, par l’étude et la compréhension de nos différents mécanismes dans physiques que métaphysiques. Le focus est alors plus sur le fait que nous devons évoluer (point), que sur la préoccupation du résultat, et dans ce cas : la mesure de son propre champ vibratoire, et la chercher de sa validation ensuite par « 12 signes qui prouvent que notre champs vibratoire a augmenté ». Puis, s’en satisfaire lors de souper de famille, ou de beuverie entre potes à qui alors, nous pouvons donner une bonne leçon de comment nous sommes devenus des « consciences supérieures »…
Naturellement et concrètement, si l’on fait un travail sur nous, les choses changent. Que ce soit notre « vibration » (et encore là, nous n’avons pas encore chercher à expliquer ce qu’est ce concept) comme l’entourage, car nous n’allons plus offrir la même réponse aux événements qu’à notre habitude. Nous serons donc automatiquement, dans un sens, « différents » pour ceux qui ont l’habitude d’une certaine réponse de notre part aux situations, aux arguments et aux partages en tous genres… c’est aussi en « ça » que « nous créons notre réalité », même si cette dernière tirade témoigne de nouveau plus d’un besoin de se convaincre que l’on récupère son pouvoir propre, que d’une réelle compréhension d’un mécanisme naturel et inexorable indépendant de notre volonté. Dans le sens où, qu’on le veuille ou non, il y a réponse (et qui change) selon notre comportement, qu’il soit conscient ou non…
Bon. Mais reprenons tranquillement sur la question précédente : quelles seraient les raisons d’une telle préoccupation ?
Je partirais d’une hypothèse qui serait le souci d’une suspecte stagnation de sa fréquence (ou de circonstance de vie), sachant de plus qu’il est devenu très à la mode de penser que nous « devons élever notre niveau de conscience », face à un monde que l’on jugera de plus en plus stérile, inégal, et immoral… Donc, entre 2 sorties en boîtes et méditation guidées, sortons notre pendule pour avancer sur la question.
Comme dit précédemment, la hausse de notre fréquence vibratoire offre de séduisantes possibilités face au monde environnant que nous validons de moins en moins ; instable et parfois totalement absurde. Tout autant absurde que le sens de notre propre existence dans laquelle nous ne sentons pas assouvi notre besoin de reconnaissance et de singularité (ce qui est une recherche constante chez les influenceurs de notre époque par exemple : montrer à quel point ils sont siiii spéciaux, à tel point qu’ils sont suivis par des milliers (voire des millions parfois) de personnes, malgré une proposition vide)… Cette notion de vide fait peur et attise automatiquement un besoin de le combler par n’importe quoi et n’importe comment. Et quoi de mieux pour se sentir « sortir du lot » que de montrer que nous avons, NOUS, réussi à élever notre niveau de vibration ? Conscients que le monde est injuste et dégoûtant (ce qui n’enlève rien à la réalité de ce constat…) ? Et qu’enfin, grâce à ce titre honorifique auto-proclamé après 3 jours de tarologie et une retraite Vipassana, alors NOUS, sommes en mesure de canaliser l’énergie de l’Amour de Dieu en direct, ne sachant véritablement distinguer en nous-mêmes ce qui est de l’ordre d’une véritable connexion avec le divin, d’une pure production de notre imagination en quête de tous moyens possibles pour nous auto-valider… Car oui, soyons honnêtes chers lecteurs : dans un sens, ça rassure ! Cela nous fait appartenir à une catégorie « d’humains » particuliers… Cela nous retire de la possibilité de se suffire à nous-même dans ce qui EST vraiment, récitant paradoxalement à tue-tête cette phrase qui fait mouche dans le développement spirituel – et oui, les termes changent ! – « je suis dans ce qui est ». Sans compter les « j’accueille qui je suis » et bien d’autres de ce même genre.
On tente tant bien que mal de se satisfaire maladroitement de qui nous sommes, devant une impuissance certaine à régler notre chaos intérieur, (entre refus des épreuves et prières à une vie paisible) plutôt qu’à y faire face avec dignité en se retroussant les manches pour mettre les mains à la pâte !
Déplus, si je dis « les 12 signes de mon élévation de fréquence », alors cela signale au monde que je suis capable, de surcroît, de guider d’autres personnes sur le chemin de cette quête fondamentale d’identité d’humain éveillé et conscient, quand malgré tout, je continuerai de traiter tous ceux qui ne pensent pas comme moi ou m’offre une critique, de « toxiques », de « messager de l’ombre » ou encore de « basse fréquence »…
Cependant, je peux dire que je crois personnellement en l’existence de différents niveaux de fréquences individuelles. Et cela me paraît même presque normal dans un sens. Entendez bien dans les lignes précédentes que le focus semble plutôt mis sur une recherche tout autre que celle d’un travail normal et désintéressé sur soi-même. Et chercher à vibrer plus haut peut même, j’en suis certain, induire une situation inverse à une élévation ! Je parle ici du coup de se mentir à soi-même par un déni de sa propre détresse intérieure qu’il nous est indigeste d’accepter, de mentir aux autres en quoi nous sommes si particulier, surtout en tant qu’élus par Jeshua lui-même grâce à ce don exceptionnel… ou qui sais-je encore, qui viendrait d’une autre planète en vous promettant « un corps » de substitution à la réalité actuelle que vous fuyez…
Sur ce, trêve d’humour noir et d’ironie pour afficher ensuite ce qui semble être une réelle intention derrière ce masque théâtral. C’est-à-dire : une quête d’un mieux-être, et d’un « mieux-faire ».
Chercher à valider la hausse de sa fréquence vibratoire est plus le témoin d’une volonté de devenir plus calme, bienveillant, et peut-être plus connecté et lucide sur le monde et ses lois, mais aussi envers soi-même que l’on pourrait juger parfois d’ennuyeux ou d’anonyme ; en manque d’intérêt pour soi-même, en manque d’inspiration pour créer dans la matière, alors on tente de créer une conviction illusoire que personne ne pourra ainsi contester ou démolir si facilement… Le problème alors n’est en définitive pas tant la question de la fréquence de vibration, plus que l’illusion que cette dernière pourrait résoudre un certain nombre de problèmes en nous. Et notamment celui du sens de notre propre existence ou de notre « devoir » d’humain d’accéder à une forme de transcendance sans passer par un itinéraire bis, en lieu et place des efforts que coûtent un vrai et fondamental travail sur soi basé sur des références concrètes claires et intelligentes, mais qui n’offrent rien d’assez « sensationnel » ! Alors qu’en revanche, à en croire les plus grands penseurs de ce monde, le sensationnel se trouve justement dans l’acceptation de cet effort et dans la récolte naturelle des fruits qu’il apporte.
Alors, chers diapasons qui cherchent à vibrer à l’unisson avec les lois du monde, si tel est votre vrai désir, peut-être est-il temps d’apprendre à accepter avant tout la tonalité propre que la Vie elle-même nous a donné avant de chercher à tout prix à la faire changer ? Sinon, seuls Instagram ou Youtube pourront à jamais satisfaire votre besoin de reconnaissance Christique sans le moindre travail sur votre accordage…
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